About

Clio Simon est artiste et réalisatrice. Avant d’obtenir le diplôme du Fresnoy-Studio national des arts contemporains en 2015, son parcours se construit par bifurcations libres et assumées : une année d’histoire de l’art, deux années aux Beaux-Arts de Lyon, trois années d’études de Cinéma documentaire, puis le choix de poursuivre, hors des routes balisées, l’écriture de formes cinématographiques non conventionnelles. Elle part au Chili pour une résidence artistique de six mois, et y séjournera par intermittence cinq années. 

Artiste indisciplinée, au sens noble, elle développe une œuvre poétique à caractère documentaire, attentive aux formes de vie discrètes. 

Des paysages de brume où l’on récolte de l’eau, aux espaces occupés où l’on élargit le Nous amoureux au politique, Clio Simon développe l’idée selon laquelle les hommes non seulement vivent en société mais fabriquent constamment de la société pour vivre.  À travers les paroles d’une Ñaña, ou la marche silencieuse de Laura Pizarro, figure de résistance majeure au Chili, se dessine une attention aux équilibres fragiles entre politique et telluriques. Même lorsque l’image manque, notamment face aux institutions et à leurs zones d’ombre, son cinéma persiste, enquête sensiblement et invite à faire acte d’écoute. 

Lauréate du Prix Brouillon d’un rêve de la Scam, du Prix Tënk, Wicar et de Mondes Nouveaux, elle mène ses recherches en dialogue avec des chercheur.euses, artistes et des institutions telles que l’Ircam ou l’École des Hautes Études en Sciences Humaines et Sociales

Son travail est exposé et projeté sur les écrans d’événements internationaux au Festival du Nouveau Cinéma de Montréal, au Centre Pompidou, aux Rencontres d’Arles,  au Festival Iberoamericano surrealidades (Colombie), au CRAC (Chili), à la Galerie Maubert et aux Beaux-Arts de Paris ou encore à La Condition Publique de Roubaix. Le CRP/ Centre régional de la photographie Hauts-de-France lui a consacré une exposition personnelle en 2021. 

À propos de son travail, Léa Bismuth écrit :   « Clio Simon sait prendre le temps du regard, avec le même souci fédérateur et politique que Huillet-Straub : de la nature qui l’entoure aux gestes les plus simples. Car il s’agit chez elle d’une étude, en amitié, de la vie qui se développe sous ses yeux (…) Il en va d’une croyance dans les possibles. Pour une réinvention des manières de vivre et de respirer, en accord avec l’environnement, sans vouloir lutter contre lui, sans volonté de domination, et en dehors des logiques rationnellement normées. C’est précisément ici que ce travail cinématographique est politique, en ce qu’il est fondé sur le désir de redonner à la pensée sa turbulence, c’est-à-dire son agitation féconde et troublante, son désordre traversé de lumière, comme un astre parcourant l’atmosphère ». 


https://soundcloud.com/surfacesensibles/ep01